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Magnificent Zéro » L'importance de crier | Bloguez.com 

 Magnificent Zéro

15/9/2009


Silence de ma rue
Vacarme de ma tronche

Sous la dingue armada des buildings-dinosaures

j’entends parler ces chaînes qui me sanglent
à chaque étoile échouée
à chaque ampoule  qui luit  sur l’ulcère du fleuve

( celui où je voulais   me noyer  tout à l’heure )

La nuit fait de nous des sauvages
remontant leurs propres veines
en quête d’un rêve   qui n’en a pas fini de se vêtir de verre
de tictacs ou d’ossements
et qui s’élève en nous
trop haut pour nous
jusqu’aux abîmes jamais compris de nos propres pensées
   qui se balancent en fourvoiements
  sous des branches  où la pluie  nous berce et nous endort

Je m’éloigne du port

Je suis couché dans l’herbe  au-dessus de moi  près d’un cimetière désert  qui me ressemble
J’effeuille  à coups de dents  les soleils qui pourrissent
entre la mer et une caisse de police

Les ancres tremblent  les plombs sautent
  Le sel s’incruste entre les côtes

La marée marche vers la plage
Le vent se lève
À coups  de pioche   les colombes gagnent les nuages
tout là-bas
sur la grève
les vagues se réveillent
  et ce bruit
     c’est l’orage
ou bien c’est moi qui rêve

L’océan est blindé d’écueils
c’est du béton qui gicle
en proue des caravelles
les sunlights-océans  aveuglent nos cervelles

on écoute craquer
les coutures
du linceul  où s’emmêle
ce fil de funambule où tenait l’univers

Sur le périph on entend les sirènes
La mer est retournée à ses vagues lointaines
nous laissant  pour radeau
   ce sable   qui n’est plus  qu’une nostalgie de sable
où dansent  sans musique
     le Vide
    et sa gueule rouge

et je la reconnais

La mort
glissante et calme
Muette comme une voie ferrée qui traverse la nuit
une petite gare mal éclairée

La vicieuse me talonne jusqu'aux plus bas étages
de mes rêves
où je regarde
   les yeux baissés de faim   de honte
les dents luisantes de ma pauvre vie
qui me mate à bout portant
dans la vitre d’un train de banlieue

La mer s’est retirée
au centre de la gorge
Chacun porte sa charge de plomb
La vue dérape je ne veux plus savoir
si j’y vois clair si j’y vois rouge
Le corps se perd  mais rien ne bouge
L’homme  est comme un fantôme
sans voix   qui claque des dents
enlisé dans son jean

Je n’attends rien de cette aurore qui vient
traîner ses pieds sur nos cauchemars
Et macache de l’amour
Et macache de l’avenir
ce sale mendiant attifé de dollars
qui chaque jour nous cache  un peu plus son visage

zarma, « les cages nous apprennent à voler »
comme le silence à entendre
le bruit de nos propres pieds   foulant cette ombre
qui nous colle au cul  comme une queue  comme une faux

il n’est pas question de liberté
l’échelle s’est écroulée  mais les loups  n’ont pas d’ailes
sinon celles qui leur poussent
quand une nuit d’hiver ils se prennent à pleurer
sous le ciel noir à l’infini
pour une femme au bord d’un quai qui leur découvre
son corps comme une table desservie

Qui peut comprendre nos rêves d’astres
notre cloaque s’abreuve au styx  du fond des baffles
les mains s’accrochent au murs glacés
   les dents sont lasses
tout chute encore
plus bas que terre
  plus bas
    que mer
  tout au bout du rouleau
la vague asséchée  clamse   et rabat nos mâchoires
sous la dingue armada des buildings-dinosaures
craquez mes os
    craquez
         mes allumettes noires
Cramez  flambeaux du soir
ce sacré cimetière de sel et d’eau
où croupissent nos puretés clochardes

Cramez.


Tags : Magnificent Zero poesie zarma

Catégorie : Poèmes

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