J’ai trop besoin de ce silence dompté de l’au-delàpour ne pas recouvrir ma vie d’un voile de
voix communes ou vagues, buissons ardents porteurs de fruits en sueur, douceurs stériles,
mains agrippées à des bras maigres
bouches pendues…
L’été nocturne efface le sel des plaies,charrie les ombres vers des précipices
inventés
et sur les plages de ciment bleu
on entend le râle sous-marin de notre odeur
si blanche
si pleine d’herbeet
de cafards
rassemblés en sourires tronquéscherchant l’oubli
Insensé revolver
insensés rassembleurs des copeaux d’aube fusant des vagues,
allant à l’infini comme s’enfuient les hiboux
fuyant les œillades des havres et des phares
Insensées escalades des horizons
criblés de balles
ou de couleurs
harpons porteurs de sémillants voyages
C’est le déluge d’une fin cachée qui me pousse à la chute