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Harmonie harmonie » L'importance de crier | Bloguez.com 

 Harmonie harmonie

4/6/2009

 

 

Harmonie harmonie
quelles sont ces ombres qui nous lient
Le ciel est noir de monde  on entend les débris de nos masques qui tombent
en claquant sur les murs
et les peaux qui susurrent
Les cœurs
claquemurés dans les poitrines
ressurgissent en foules de pieds martelant les routes

Et les mégots comètes brumeuses   meurtries   déchirées de rires jaunes ou d’or
titubent   chancellent de fièvre et de chaleur jusqu’à maudire la terre et les cafards nombreux qui grouillent
dans les fleuves   dans les rigoles tordues  tronquées  infestées de colombes
que certains appellent mon sang
mes jambes
mes tempes ruisselantes de naufrages
mes silhouettes bleues de vautours
marées d’yeux que les songes ont brûlés sous la pluie

Harmonie harmonie
quelle est cette ombre qui nous suit
quelles sont ces machineries immenses de chair
  d’albâtre d’os
rassemblées en troupeaux de lépreuses étincelles
qui nous supportent
qu’on voit déambuler dans ces couloirs de mort
sans but
sans cesse
bâillonnées   attifées de masques lunaires
à l’abandon

Au-devant de l’énorme nuit délabrée
toute résonnante des mots qu’on n’a jamais criés
ces mots
  plus grands qu’eux-mêmes
qui sont comme des cicatrices  sur des paupières closes

Au milieu du roulis où fermentent
nos carcasses
nos caresses
claires écorchées mêlant brume et soleil
  embrassant de mille étreintes fumeuses le ciel, les mers   et toutes nos tentatives ratées
d’entendre
de comprendre
cette langue   pleine de sécheresses
de racines  
d’autoroutes sans lumière
sans réponse
à rien
cette langue qui nous démange

Et jusqu’au travers du papier  asphyxié d’encre et de peinture

nous connaîtrons l’exil
les malhabiles fragments de corps
qui s’entrechoquent
et les verbeuses couleurs de cinq cent mille visages
disposés à la file sur la grande chaîne grinçante de la peur

nous connaîtrons surtout
la noyade abstraite
   et froide
dans l’ennui
et l’immobilité sans fin des appontements
des passerelles
des tarmacs

nous connaîtrons l’exil
et nous saurons peut-être
un soir
quand il sera bien tard
ce que c’est que partir
vers ces tunnels du ciel qu’on dit comblés de néons électriques


Et puis
languissamment
le crash nous envahit
murmure infini  d’ailes   délicatement pendues
   aux yeux des cigarettes
soudaines lunes griffées d’envols transparents
      maculées d’oiseaux tapageurs échappés des nasses

Serré c’est serré j’entends mes dents qui gèlent qui crissent comme des pneus sur la digue ce matin
on utilise toutes les issues
    toutes les poignées forcées
   portent mon empreinte
et les arbres crevés
ont dans leurs branches de bien vieilles mélodies

Harmonie harmonie
quelles sont ces ombres qui nous strient

Les paroles ne s’entendent plus qu’en claquements
Claquements d’os sur l’eau en ricochets
claquements obliques raturant l’âme   à peine
claquement des mains sur les hanches nues
     la nuit
il y a comme goût de tocsin qui remonte
de nos bouches
        résonnantes  et nulles

Il y aura toujours quelque chose qui grince au fond de nous

Yeux déchirés yeux fixés yeux en cages

La nuit corrode les grillages

Et en tirant nos yeux vers le plafond
comme les marées attendent le soir pour se vêtir de plaintes  et d’alcools noirs
nous aurons presque l’impression
de sentir
d’éprouver
cet air nouveau qui tremble    en nos dernières minutes
cet air
  plus dénué de raison    que les paroles d’un homme qui meurt
     plus dénué d’horizon
           que le regard d’une femme qui jouit

Aucune douche assez brûlante aucune faim assez proche du ciel  pour crever cet abcès si lent
si gracieux si désincarné
de nos jours sur la Terre
sous les ampoules noyées de chagrins et de lunes

Feues nos saisons d’amour s’étranglent sous la route
Déjà il n’y a plus rien
que quelques rêves morts
des macchabées multicolores
pendus
aux rides de nos fronts
grands nœuds coulants chemins de fer grands claquements des phalanges sur les yeux

Train d’ongles sur la digue ouverte de tes lèvres
train de baisers suffocants   tu transportes
l’obscure liberté  liqueur langoureuse   liqueur infirme
ô langueurs épuisées
langue
spectaculaire lasso du vent

 


 

Catégorie : Poèmes

Commentaires

 antonkarmazoe, le 27-06-2009 à 12:29:15 :

.

Tu as carrément raison, j'ai cherché à écrire "quelque chose qui grince", quelque chose d'humain, rien d'harmonieux en somme.
Merci d'être passé, Q.

mYster Q, le 27-06-2009 à 02:52:55 :

Disharmonie

Disharmonie, disharmonie
quels sont ces chants sirupeux qui nous délicent et nous envicent ?

Je me disais aussi qu'il était bien question de son contraire...

Christopher', le 20-06-2009 à 18:46:42 :

http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/

Malvina m'a conseillé de venir vous lire

Vos textes sont superbes, saisissants

Je reviendrai

A bientôt - Christopher

 antonkarmazoe, le 16-06-2009 à 22:45:38 :

.

C'est vrai, c'est "bizarre" ; mais comme le titre ne l'indique pas, j'ai voulu faire quelque chose qui grince, quelque chose de bizarre, surtout pas harmonieux. Content que ça t'ait plu.

Et toi Amir, que deviens-tu ??

Amir_, le 14-06-2009 à 02:25:03 :

titre

" feues nos saisons d'amour s'étranglent sous la route " ce vers m'a paru bizarre

C'est magnifique ce que tu fais. Continue Anton... :)

 antonkarmazoe, le 05-06-2009 à 02:47:18 :

.

Oui, ici c'est peinard, pas d'emmerdeur, on est au calme.
Je continue à poster sur le forum bleu parce qu'on trouve parfois quelques (très rares) commentaires constructifs, qui peuvent m'aider à relever certaines faiblesses du texte, mais il faut savoir se faufiler entre les engueulades de bistrot. C'est dangereux, 'faut éviter que ça dégénère en baston générale.
Au final je trouve ça plutôt marrant. Tant que ça ne me concerne pas. L'accusation de plagiat par Div est drôle aussi, après coup. J'ai l'impression d'en être lassé, dégoûté, mais j'y retourne à chaque fois, con comme je suis. Il va falloir que je sache m'arrêter, c'est vrai qu'elle souffle "l'aile de l'imbécillité", là-bas.

Merci d'être passé, en tout cas !

Kwizera, le 04-06-2009 à 20:52:29 :

ZEIGCREIJ

Ah, bon et bien maintenant je viendrai te lire ici. Tu m'excuses mais le forum bleu, merci bien, foutre son texte entre des commentaires de div et jean-michel, autant l'enrober de merde tant que tu y es. Ici m'a l'air plus convenable. A la prochaine.

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