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TORRENT (peinture préhistorique) » L'importance de crier | Bloguez.com 

 TORRENT (peinture préhistorique)

21/4/2009

(poème d'adolescence ressorti du placard)






Le silence est passé

Tout va recommencer

J’ai forcé une porte au fond de ma mémoire

Alors

       derrière le temps enfin tombé entre nos mailles

Entends, mon âme, entends

le loup sombre du soir

 

 

Fenêtre

Cri du ventre

Quel est-il,

Ce long fracas qui monte des lucarnes ?

 

Rancœur du temps gâché

Souffle fauve des premières choses

Torrent d’épaves où sombre

le défilé des masques aux bouches closes

 

Chute

Tombée de neige au-delà du rivage

Arrivée à la fin par force de marées

Parce qu’il fallait bien qu’un jour les jointures cèdent

à force de grincer

sous l’encre de mes pages

 

 

Et dans l’entrevoyure apparue bien trop tard

      (parce que trop longtemps il a fallu

                          s’enfuir

     en courant dans la nuit

                           pour rester sur ses jambes)

je vous revois, visages

formes de mon passé

Tous ces corps

ces décors

ces têtes dépassées

faces cicatrisées où poussent mes racines

 

Je vous revois enfin

enfants de la distance

Vous qui escaladez les balafres du temps

Moutards, vieux indigènes

qui portez, éructant les cris de nos démences,

toutes vos mains coupées sur l’acier de nos chaînes

 

Je revois vos fronts bas aux porches des églises,

vieilles tronches, poitrails sanglants

maculés de broussailles

tout cabossés d’épines

 

aucun ne souriait

dans le dédale adulte de la place

entre les grands chapeaux figés comme des rapaces

vous qui lorgniez l’ombre des torrents

sous la scansion lourde des cloches,

       nasses obèses…

 

… Et vous vous enfuyiez des autels et des classes

pour aller perpétrer de plus noirs sacrifices

au fond des bois païens

troncs constellés de pisse

où vos chansons barbares giclaient comme des chiennes,

longtemps avant l’éveil des bêtes figurantes

et vous courriez, géants

semblables à des hyènes

fuyards terreux soufflant le feu de nos cavernes

dans la respiration d’une aube fulgurante,

prophètes mécréants déguisés en Arvernes,

vieux regards de théâtre

lèvres bleues tailladées

      raturées de jouissance

 

Je vous revois, mes jeux

jeux des soirs, jeux des jours

et jeux de l’entre-deux

quand croulaient sur le sol nos glauques firmaments,

 

Je vous revois

galops

orgasmes perpétuels

nos courses ruisselantes sous le ciel sentinelle

pas d'échec

pas d’avenir

simplement des dérives

déroutes de voiliers avec un gouvernail

couvert de ronces

comme un chemin de ronde autour du monde

 

pour guetter

pour surprendre

 

les oiseaux de l’été,

les oiseaux de septembre

et puis l’odeur des bois

au temps des feuilles jaunes,

au-devant des cuisines empourprées de fumée,

Dans les chemins pierreux

  abattre une frontière

en attendant le repas des trompettes noires,

Et puis soudain

  s’arrimer au sillage

sous les cheminées engourdies,

d’un vent brun embrassé   dans l'épaule des châtaignes

 

Et puis plus tard

poursuivre

sans bruit, tel un voleur

les corbeaux blancs de nos hivers

l’haleine des rivières

et l'été allongé

  de la même couleur

 

et guetter

et surprendre

 

d’étranges aquarelles d’enfants un peu idiots

dans les champs d’herbe sauvage

à l'ombre des donjons grimaçants de gargouilles

 

Et puis, et puis encore

les berges illunées foudroyées de liqueurs,

les vieux marais pourris

  tout broyés de grenouilles

 

et le torrent au front en sueur

qui cavalait dans ma poitrine

au milieu des galets

où tintaient les clarines

 

 

Je vous revois entiers,

pays de mon mutisme,

quand mes tympans tapaient

trop fort pour que je parle

 

(rien à plaider

ni rien à recréer

sous tous les grands orages qui me tonnaient à l’œil

au plus profond du front

détonnant de l’été)

 

 

Je te revois, été ;

j’ai été ce visage

tout boucané d’écorce

 faciès osseux,

  profil barré d’herbes sauvages

 

 

… Je vois dans les broussailles

se dresser ma mémoire

debout comme une souche

béante comme une entaille

 

 

l’enfant est là

tapi parmi les feuilles

 

sans un cri

 

(sans un rire)

 

autre qu'un loup de sourire

 

 

Il restera toujours quelque chose à écrire

quelque chose à graver

dans les champs vendangés de notre imaginaire

 

 

Maintenant tout est là

à portée de mon sang

 

la figure est plantée sur l’épieu du présent

 

l’eau coule dans les veines

sans un bruit

(sans un rire)

l’eau envahit la scène

 

le vieux miroir brisé

je l’ai rafistolé

 

Alors

Je te discerne

reflet réapparu

véritable reflet

  dépouillé de ses cernes

lavé de ces crachats qui maculaient les glaces

 

et toi tu m’envahis

 

Présence

 

brouillard qui passe

devant le bruit des villes

 

Torrent

toi mon enfance

 

Tu es un grand cri de silence

Tags : torrent

Catégorie : Ecrits de "jeunesse"

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Commentaires

lutine, le 23-04-2009 à 10:27:54 :

de l'air

S'il y en a d'autres dans les placards, il faut les en sortir et leur donner l'air de la toile.

 antonkarmazoe, le 22-04-2009 à 20:48:26 :

.

Oui tu as raison nouille mijolienne; mais comme je l'indiquais il s'agit d'un vieux texte (enfin, tout est relatif) que j'ai ressorti du placard. J'y ai moi aussi trouvé pas mal d'imperfections en le relisant, mais je l'aime comme ça, et puis, ce n'est plus moi qui l'ai écrit, c'est celui que j'étais à l'époque, et je crois que je ne me permettrais plus de le modifier aujourd'hui.
Enfin je verrai bien, si l'envie m'en vient je pourrai toujours en réutiliser certains passages ailleurs.

Merci d'être passée en tout cas, et puis si tu veux pirater Bill Gates je te souhaite toute la réussite possible, je suis de tout coeur avec toi!
Bon dans ce cas je vais me dépêcher de recopier certains poèmes sur papier, au cas où tu ferais planter tous les pc de la planète...

la nouille martienne, le 22-04-2009 à 18:34:41 :

à parte ou nota bene

put* de merdorum ces logiciels n'en font qu'à leur tête c'est pas moi qui ait programmé toutes ces variations de style dans le commentaire ...
on est bouffé tout crû par cette chieuse de  Machine

 essaies de faire un style pour éditer ton texte...  RAS !!! dans quel monde on vit Anton, Dès que tu m'auras tué pour te débarrasser définitivement de s coms mijoliens Je veux bien me réincarner en virus informatique ...  Tu seras le seul à savoir que c'est moi qui est foutu Bill Gates sur la paille  Pas mal, non, pour une nouille  ?


la nouille martienne, le 22-04-2009 à 18:25:52 :

deux en un

 je viens régulièrement et celui ci m'a échappé !!! Qu'on m'apporte une nouvelle tête immédiatement ...

Bon comme mon titre l'indique je pense que tu en as écrit deux distincts qui pourraient se lire l'un sans l'autre

je n'ai pas aimé le passage suivant que j'ai trouvé pompeux et superflu, cassant l'ambiance (tjrs MHA, Anton, mon simple ressenti de lecteur) Pour le reste quelques détails et répétitions (trop trop) rapprochées mais le sens et le rythme et la magie de l'évocation sont là et bien là Les détails, faudrait en discuter "au coin du feu, devant une bonne bière ! avec les zotres zamateurs zéclairés... Tu vois, tu risques rien !!!

bizz
la Nouille

//

autre qu'un loup de sourire

 

 

Il restera toujours quelque chose à écrire

quelque chose à graver

dans les champs vendangés de notre imaginaire//




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