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Communication breakdown » L'importance de crier | Bloguez.com 

 Communication breakdown

26/1/2009





Qui a parlé?

Les récifs de la plage tombent sur mon front comme des mèches coupées juste avant l'explosion

Comme des mains tendues du ciel jusqu'à la terre

Qui a parlé?

dans ma tête l'autoroute s'est vidée

Au front des vitres les bêtes se révoltent à coups de fil de fer

Au front des avenues brusquement tailladées

des ponts fendus sous la hache saccadée des soupirs

s'enfuient dans la nuit en hurlant

Je vois la liberté

elle se dessine comme un paquebot dans le brouillard

comme un naufrage immense de vers luisants dans une bouteille

la liberté est une coulée de lave gelée quand elle sort de la bouche

Liberté

ta voix s'accroche à chacun de mes poils à chacun de mes coups de pied dans la porte nue

Je veux forcer la terre comme on force une serrure

pour m'échouer sur une plage au vu de tous les oiseaux morts de l'univers

Je veux forcer l'allure plonger dans l'océan de terre et surtout je veux voir

voir tout ce qu'on peut faire avec une vie

 

Sur la route un camion trisse avec plusieurs remorques  un avion  et quelques hirondelles sous la pluie

Et puis

une femme avec de jolis seins sous les doigts d'un pianiste

sous les cordes des guitares mortes nos amours sont enterrées avec les haches de guerre

Dans la rue, un homme tourne en rond avec un regard triste

 

Crisser des dents comme une fronde

enfouie au plus profond du monde

Tenir sur ses jambes effacer les tempêtes et la salive inepte des saisons

Nous sommes debout sous la pluie de la lampe au plafond

plus noirs que des oiseaux

C'est le très grand sommeil des murs et des artères

le grand cessez-le-feu

Enfin la mort des flasques espérances la mort de l'éternelle patience

Le saut de l'ange de la couleur au fond des airs

 

Je t'aime ma chinoise tes cuisses sont des branches de tamtam dans le désert

et je suis un cargo plombé de réverbères

l'issue du fond de la mer je la connais

les requins les bottes les baleines blanches dans les filets

tout ça remonte comme un bouchon dans la tempête

comme les bulles d'air d'une ultime expiration

Nous cherchons la noyade ou l'écrasement du corps

La patience attendra elle se tient droite le coude sur la bitte d'amarrage à peler des planètes avec son vieux canif

 

Je crois en vous, vagues, envolées, je crois en vous figures taillées dans l'heure, têtes de pierre

Le désir souffle mon doigt remonte en gémissant la griffure du bas noir

Trou

Trou tissé d'algues et de draps d'aube où l'on s'endort dos contre dos dans un même cauchemar

Dehors les coeurs ouverts roupillent ils ont des gueules de chiens battus regarde-les leurs faux trempées d'azur quelle nuit profonde entre leurs dents

Délire tu es l'attache de fer de mes trois lèvres mon haleine mon silence effondré

ma face de blanc hideux jetée dans le miroir

L'âme sort ses dents cette scie sauteuse

Nous bondissons par-dessus les trottoirs les périphs les douches de glace les boulevards des chutes de reins sur la grève

Sous ton fard c'est la communication de la peau contre la peau

Nous souffrons atrocement de la solitude

Ramène ta peau bleue mon amour

Les volets battent dehors le monde a soif il pleut de la vodka

Ecarte grand les lèvres j'ai un besoin de pain de rêves.

 

 

 

26 janv. 2008, 01h30




Pablo Picasso, Nu bleu


 

Tags : Communication breakdown

Catégorie : Poèmes

Commentaires

suzanne walther-siksou, le 08-02-2009 à 18:11:20 :

L'importance de crier

 Bonjour

Je viens de découvrir certains de vos poèmes qui m'ont laissée admirative et puis rêveuse.

Je prends le risque de vous inviter à connaître ma manière naïve d'écrire en allant sur mon blog qui s'ouvre à:

suzanne.walther-siksou.over-blog.com 

Je vous souhaite une journée ensoleillée.

Suzanne W-S

 antonkarmazoe, le 02-02-2009 à 21:13:34 :

à Adelline


Salut ; je suis très flatté d'apprendre que vous (tu?) avez (as) fait toutes ces recherches sur moi... Oui, j'ai effectivement 18 ans, j'en aurai 19 en mars ;-)
J'écris de la poésie depuis mes 14 ans environ, après la lecture de Fernando Pessoa, de Rimbaud et de Pierre Reverdy, qui ont révolutionné ma vision du monde.
En tout cas merci pour ton encouragement, c'est ce genre de petits riens qui me poussent à écrire, à travailler, et à chercher toujours du nouveau, du meilleur. Si je n'écrivais que pour moi cela importerait bien peu

Merci beaucoup

adelline, le 02-02-2009 à 18:40:36 :

très belle écriture

j'ai lu votre poème sur  un autre forum au fond bleu . alors j'ai cherché . je n'y interviens pas .

 

je viens d'en lire d'autres   et  j'ai aussi  découvert votre âge ??? ailleurs.

Vous êtes vraiment si jeune?

 

alors continuez écrivez  beaucoup , tout le temps!!

vous être une promesse.

je reviendrai

 

 

 antonkarmazoe, le 31-01-2009 à 12:42:31 :

re:

S'il te "dérange", tout va bien ; l'important est qu'il ne t'ennuie pas. Bien sûr il ne faut pas s'attarder dans la facilité. Je travaille de nouveau sur une série de courts poèmes beaucoup + construits, sans gratuité d'images.

Salutations distinguées etc.

(merci pour tes commentaires qui sont une réelle aide pour moi ;-)
Amicalement)

Malvina Spire, le 31-01-2009 à 09:59:53 :

Oui !

Oui ! Il est clair que ce texte a été écrit de façon "irréfléchie", automatiquement, certaines images moins belles que d'autres magnifiques, des cris du coeur plus ou moins maladroits. Cette sensation de tourner en rond signifie peut-être que nous finissons par écrire toujours la même chose, sans le vouloir.... des cris récurrents qui nous habitent. Oui, ce doit être cela !

Ce n'est pas mon préféré mais je crois savoir pourquoi. Il me dérange car il me touche là où j'aimerais taire, étouffer mes cris... j'espère me faire comprendre :-)

Amicalement

 antonkarmazoe, le 31-01-2009 à 01:12:20 :

à Malvina

Non ce n'est pas voulu... Enfin je n'en sais rien. Ce qui te fait sans doute dire ça c'est que je n'ai pas construit le poème selon une quelconque progression... Il n'obéit pas à un canevas précis. J'ai voulu décrire, dire quelque chose, quelque part, dans une [simultanéité]. Quelque chose frappe à la vitre, je le saisis, je le plaque à terre et je le plante dans mes cheveux pour voir si les rêves poussent. Rien d'autre. Si les mots font la ronde c'est presque tant mieux. Tout cela roule et s'emmêle, tout cela se morcèle, se répand, et finalement il est possible que tout cela se ressemble...

Malvina Spire, le 29-01-2009 à 13:13:31 :

De beaux cris mais....

Encore de beaux cris, de très belles images mais il y a quelque chose qui me dérange... je ne sais trop quoi ou alors comme une sensation de tourner en rond, comme si ce n'était qu'une éternelle répétition... voulu ?

 

Amir_, le 26-01-2009 à 04:49:05 :

un bijou

Alors ça c'est magique
c'est de l'énergie pure, où des mots se fixent à la rétine

Je le relirai encore et encore

Dans l'ivresse de la lecture, tout n'est pas appréhendable ( je crois pas que ça se dise ça ), mais c'est pas grave, je sais que la lecture de tes textes se fait par étapes, par couches, et avec naturel, les textes s'impriment dans la cervelle.

Je sais pas où tu transportes, mais tu transportes quelque part...

Bravo!

petite question: le titre, c'est parce qu'il te semblait juste ou tu as écrit le poème avec la chanson ?

 antonkarmazoe, le 26-01-2009 à 10:55:20 :

à Amir

Salut; pour répondre à ta question je n'ai pas écrit le texte avec la chanson ni avec aucune musique, simplement j'ai trouvé que le titre s'y accordait bien, et puis j'aime bien Led Zep. Le titre je le mets souvent en dernier, je n'écris pas le poème en fonction du titre. Sinon c'est vrai que "tout n'y est pas appréhendable", j'ai écrit ça très vite, les mots viennent de façon presque tactile, presque automatique. Le texte sera sans doute modifié si j'arrive à effacer certaines expressions qui baissent le niveau de l'ensemble. Je verrais. En tout cas heureux que tu aies apprécié ;-)

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