Matière
31/10/2008
Tout m’a déçu
Les plaines et les rues sont froides comme des champs de pierres
J’ai faim
Nous avons tous faim
Mais la vie est un plat qui nous fut servi froid
au milieu d’un interminable hiver
Et comme continue ce long chemin de croix
bien trop court malgré lui,
jusqu’au plus profond de ses entrailles
au coin des rues,
au coin des bois
au creux des chairs, au creux des culs
au coin des lèvres
et sous les étoiles qui miroitent comme des lanternes derrière leur vitre de verre
je te cherche, matière
rembourrage d’existence
montagne sans mesure
au fond des yeux, au fond des voix
entre les herbes
sous les murs sombres de la ville qui hurlent du silence
je te cherche, matière
dans les poings qui s’élèvent
et les bras qui retombent
dans le lichen des rêves,
les lézardes des tombes
entre les gouttes,
et sous la pluie qui s’amenuise
au gré des jours
au plus près de la nuit
entre les feuilles jaunes de l’automne
qui coulent, une à une, des cimes interdites
jusqu’au sol de mes pas
je te cherche, matière
car je sens ta présence
au-delà des voiles
tout au long de la ligne de mes pas
dans chacune de ces traces
dessinées dans la neige,
je te cherche
. . .
Catégorie :
Ecrits de "jeunesse"